Titre LES DEFIS DE L’IMMIGRATION DANS LES ROMANS ÉCRITS PAR DES FEMMES FRANCOPHONES DU MAGHREB ET DE L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE title THE CHALLENGES OF IMMIGRATION IN THE NOVELS WRITTEN BY FRANCOPHONE WOMEN FROM NORTH AND SUB-SAHARA AFRICA

Open Access
Author:
Siewe Seuchie, Patricia Angele
Graduate Program:
French
Degree:
Doctor of Philosophy
Document Type:
Dissertation
Date of Defense:
October 27, 2011
Committee Members:
  • Thomas Albert Hale, Dissertation Advisor
  • Thomas Albert Hale, Committee Chair
  • Benedicte Marie Christine Monicat, Committee Member
  • Christine Clark Evans, Committee Member
  • Jennifer Boittin, Committee Member
  • Thomas Oliver Beebee, Committee Member
  • Ambroise Kom, Special Member
Keywords:
  • Key words Francophone Literature African Literature Immigration
Abstract:
Abstract Since the emergence of African literature in European languages in the 20th century the recurring theme of immigration has been based on the experience of the male author and developed through the creation of a male protagonist. This is especially true in francophone African literature. The experience of the female immigrant did not appear in African literature in French until very recently, even though women are at the center of current debates in France on the issue of immigration and there are more female immigrants than male, according to the French national statistics agency. Today, French critics of immigration from Africa claim that the women have too many children and their adolescents suffer from a high rate of delinquency. Some authorities in France have demanded that the women undergo DNA testing in order to determine the parentage of these children who are growing up in large families. Although female writers from francophone Africa began to appear on the literary scene in the last two decades, they are outnumbered by men and few focus on the theme of the immigrant woman. The contrast between the very limited presence of female immigrant characters in contemporary literature by francophone women writers and the centrality of women in the debate over immigration in France today raises a series of questions. Why is there such silence on immigration by females in African literature of French expression? In those works on the subject that have appeared in recent years, how is the experience of women immigrant characters different from that of men? How does the experience of women from North Africa differ from that of women from sub-Saharan Africa? Have the handful of female writers who do focus on the female immigrant experience created a distinct branch of literature on the theme of immigration? If so, what are the devices, subthemes, and motifs that distinguish the portrayal of immigration by women writers? Why is this emerging branch of literature so marginal not simply in the larger contexts of African literature and African literature in French, but most importantly literature by francophone African women writers? Drawing on postcolonial literary theory, I analyze five novels by francophone female writers from both North and Sub-Saharan Africa: Fawzia Zouari’s La deuxième épouse, Ferrudja Kessas’s Beur’s story, Calixthe Beyala’s L’homme qui m’offrait le ciel, Nathalie Etoke’s Un amour sans papiers, and Bessora’s 53 cm. these works convey the stories of different African women expatriate in France, in particular those of Beur or Harki descent, as well as those who are migrants or descended from migrants. This study reveals that the authors rely on a variety of devices to convey the sense of « otherness » that immigrants experience in France. Through the choice of characters who destroy the negative stereotypes of immigrants propagated by anti-immigrant segments of French society, through diverse styles often heavily charged with irony, and through narration that links the form of the traditional French novel and certain genres of African oral traditions, the authors attempt to portray the in-between cultural position of African immigrants. The characters and situations these authors create also suggest strategies for the integration into French society of immigrants coming from diverse cultural backgrounds. In so doing, the authors attack the tendency in France to maintain a hierarchy between “français de souche” and “français d’origine.”Finally, in my analysis I show how and where this growing branch of literature of immigration fits into the larger picture of literary and cultural relations between France and francophone Africa as well as francophone literature in general. Résumé Depuis l’émergence de la littérature africaine en langues européennes au vingtième siècle, le thème de l’immigration a été produit par les hommes et exprimé à travers l’expérience du protagoniste masculin. Ceci est particulièrement vrai dans la littérature francophone. L’expérience de la femme immigrée n’a pas paru dans la littérature africaine en français jusqu’à récemment, bien que la femme soit au centre du débat en France sur l’immigration et bien que, selon les statistiques françaises, il y ait plus d’immigrés féminines que masculines. Aujourd’hui, les critiques français de l’immigration africaines soutiennent que les femmes ont trop d’enfants et ceux-ci constituent un taux élevé de la délinquance juvénile. Certaines autorités françaises ont demandé que la femme soit soumise au test de l’ADN afin de déterminer la paternité de ces enfants qui grandissent dans de larges familles. Les écrivaines féminines de l’Afrique francophone ont fait leur apparition sur la scène littéraire au cours des trois dernières décennies, cependant leur nombre reste restreint et bien peu d’entre elles s’intéressent au thème de la femme immigrée. Le contraste entre le nombre limité des personnages immigrés féminins dans la littérature contemporaine par les écrivaines francophones et la place centrale de la femme dans le débat sur l’immigration en France suscite une série de questions. Entre autre, pourquoi y a-t-il un tel silence sur l’immigration féminine dans la littérature africaine d’expression française ? Dans les œuvres parues récemment à ce sujet, en quoi l’expérience du personnage féminin est-elle différente de celle du personnage masculin ? En quoi l’expérience des immigrées de l’Afrique sub-saharienne diffère-t-elle de celle des maghrébines ? Est-ce que la poignée d’écrivaines qui s’intéressent à l’expérience de la femme immigrée créent une branche particulière de la littérature de l’immigration ? Si oui, quels outils et quelles stratégies distinguent la représentation de l’immigration par les auteurs féminins ? Pourquoi cette branche émergente de la littérature est-elle si marginale non seulement dans la littérature africaine et celle en français en général, mais surtout dans la littérature féminine francophone ? En partant de la théorie postcoloniale, j’analyse cinq romans de femmes écrivaines francophones d’Afrique du nord et d’Afrique sub-saharienne : La deuxième épouse de Fawzia Zouari, Beur’s story de Ferrudja Kessas’s, L’homme qui m’offrait le ciel de Calixthe Beyala, Un amour sans papiers de Nathalie Etoké et 53 centimètres de Bessora. Ces œuvres racontent l’histoire de différentes femmes africaines descendantes de Beurs et de Harki, aussi bien que d’Africaines déplacées en France ou filles de parents expatriés. Cette étude révèle que les auteures se basent sur une variété d’outils pour traduire le statut de « Autre » auquel les immigrés sont confrontés en France. A travers des personnages qui infirment les stéréotypes négatifs propagés par la frange « anti-immigrant » de la société française, à travers une esthétique le plus souvent marquée par l’ironie et à travers une narration qui allie les formes du roman traditionnel français et certains genres de la tradition orale africaine, les auteures de notre corpus essayent de décrire la situation d’entre deux de l’immigrée africaine. Les personnages et les situations créés par ces auteures suggèrent aussi des stratégies d’intégration des immigrés d’origines culturelles diverses dans la société française. Les écrivaines francophones analysées dans cette étude attaquent ainsi la tendance de la société française d’entretenir une hiérarchie entre les « Français de souche » et les « Français d’origine ». Finalement, cette analyse montre comment et en quoi l’émergente branche de la littérature de l’immigration se positionne dans le tableau littéraire de la littérature francophone aussi bien que dans celui des relations culturelles entre la France et l’Afrique francophone.